Compte rendu commission d’action de Labeaume 18 11 2012

COMMISSION D’ACTION DU CLUB CÉVENOL

 18 NOVEMBRE 2012 A LABEAUME (Ardèche)

 Compte-rendu

IMG_0054 Trente-cinq personnes, issues de nos sections de Le-Vigan, Saint-Jean-du-Gard, Lasalle-Mont-Liron, Anduze,  Aïgo-Vers (Barre-des-Cévennes), Païolive-Ardèche, ont participé à la réunion d’automne de la Commission d’action du Club cévenol.  Remarquablement organisée, à Labeaume par la section Ardèche-Païolive, présidée par Jean-François Holthoff, elle consacra ses travaux au tourisme dans les Causses et les Cévennes, en liaison avec l’inscription de ce territoire au Patrimoine mondial de l’Humanité.

 Jean-François Holthoff souhaita la bienvenue aux participants, en rappelant le programme de la journée. Remi Noël, président de la Commission d’action présenta tout d’abord les excuses  de M. le Sous-Préfet de Largentière, du président du Club Cévenol Patrick Cabanel, de Michel Rouvière et de François Rouveyrol. Claude Milan absent pour raisons de santé, participe indirectement à nos travaux, ayant fait part par écrit de ses réflexions sur le thème de la commission.  

 Présentation de LABEAUME

 Selon la tradition, les travaux commencèrent par une présentation de la commune accueillant la Commission d’action. Claude  Rigolot, président de « Dolmens et Patrimoine » s’en chargea avec brio. Labeaume, commune d’une superficie de 1775 hectares, est circonscrite par trois rivières l’Ardèche, La Beaume et la Ligne, sur la Nationale 104, le grand axe de communication de la région. Les 4/5 de sa superficie sont constitués par le plateau calcaire. Au dernier recensement en 2009, la population comptait 524 habitants. Elle est environ de 600 personnes aujourd’hui. Labeaume est un village dispersé comprenant un bourg centre et de nombreux hameaux.

 La préhistoire y a laissé de nombreuses traces : 142 dolmens ont été répertoriés, et notamment le site de l’Abeille et sa nécropole. Le premier inventaire a été effectué par le docteur Laforgue dans les années 80. Créée en 1999, l’association « Dolmens et Patrimoine »  a poursuivi ses travaux. 12 nécropoles ont pu être ainsi inventoriées.

 

Un travail de recensement a aussi été entrepris dans le domaine de l’architecture vernaculaire, lié en particulier aux activités  agricoles  de la fin du XIXe siècle (clapas, granges, citernes, systèmes d’irrigation, etc.). Le village de Labeaume fut pionnier dans la production de cocons de vers à soie dans les années 1850. La population était alors de 1 216 habitants. La viticulture constitua à l’époque la seconde ressource agricole. Aujourd’hui, on ne compte plus que 4 agriculteurs qui ne travaillent pas que localement.

 Puis, Claude Guary, président de « Vivre  à Labeaume » exposa le contexte touristique du village, intégrant un axe stratégique prenant en compte le développement durable, Actuellement,  Labeaume vit surtout du tourisme de juin à septembre.  De nombreuses activités de plein air, ou culturelles, y sont proposées. Il y a un grand nombre de résidences secondaires et la hausse spectaculaire de la démographie estivale liée aux activités nautiques ardéchoises pose des problèmes de gestion quantitative.

 Son association se consacre à la remise en valeur du patrimoine architectural traditionnel,  menacé par la pression croissante du tourisme de masse. Les nouveaux venus, principalement des gens provenant de l’Europe du Nord, eurent dès les années 1980, des demandes d’infrastructures communales alors inexistantes, pour satisfaire leurs modes de vie habituels.

 « On dut à l’époque en doter ce pays dans un souci d’accueil plus qualitatif que quantitatif. Aujourd’hui, une pression touristique estivale croissante nécessite un nouvel effort d’investissement important à produire dans les infrastructures, pour la gérer correctement (10.000 touristes sur 3 mois) » a déclaré Claude Guary.

 Présentation du thème de la commission d’action :

 L’objet essentiel de cette réunion est de réfléchir ensemble sur les conséquences en matière touristique de l’inscription de notre région des Causses et des Cévennes au Patrimoine Mondial de l’Humanité, au titre de leurs paysages liés à l’agropastoralisme.

 A l’aide d’un diaporama semble-t-il très apprécié par les participants, Remi Noël introduisit le débat en présentant le dispositif Unesco d’inscription au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Ce dernier fut mis en place à partir de 1972 pour pallier les menaces de destruction d’un patrimoine culturel et naturel considéré comme appartenant à tous les peuples du monde,… Le Comité du patrimoine mondial peut alors inscrire un bien s’il est menacé par des dangers graves et précis et si des travaux sont nécessaires pour sa sauvegarde.

 Le Parc national des Cévennes, dès qu’il eut obtenu son classement en réserve mondiale de biosphère par l’Unesco, s’intéressa à la démarche d’inscription au patrimoine mondial des causses et des Cévennes et initia le premier dossier technique dans les années 1990. Ce dernier fut refondu dans les années 2000 lorsque les aveyronnais sollicitèrent cette même inscription pour le PNR Grands Causses. Cette inscription par l’Unesco fut enfin obtenue le 28 juin 2011.

 En 2011, 936 biens bénéficient de ce label sur la planète, dont 725 à titre culturel, 183 à titre naturel, et 28 mixtes. Ils sont répartis dans 153 Etats sur les 187 ayant ratifié la Convention Unesco gérant ce programme. La France compte 37 Biens inscrits dont 33 culturels, 3 naturels, 1 mixte.

 Les Etats concernés doivent soumettre  régulièrement des rapports sur l’état de conservation des Biens dont ils ont la responsabilité, et le Comité peut décider de retirer un Bien de la liste si les valeurs pour lesquels il a été inscrit sont trop détériorées ou absentes.

 Les Causses et Cévennes ont été inscrits au titre de paysages culturels. Ces derniers sont considérés comme des biens culturels représentant les œuvres conjuguées de l’homme et de la nature. Ils illustrent l’évolution de la société humaine et son établissement au cours du temps, sous l’influence des contraintes physiques et/ou des possibilités présentées par leur environnement naturel et des forces sociales, économiques et culturelles successives, externes aussi bien qu’internes.

 Pour notre région, il est donc essentiel de développer des politiques qui préservent les formes traditionnelles d’agropastoralisme qui ont généré les paysages que nous connaissons aujourd’hui.

 L’agropastoralisme se définit comme un mode de subsistance et un mode d’exploitation du milieu pratiqué par des populations vivant sur les parcours et exploitant des troupeaux d’herbivores domestiques utilisant la végétation naturelle (plus ou moins associée à d’autres ressources alimentaires). L’organisation des unités de production y dépend surtout de l’accès aux ressources pastorales.

 Dans ces systèmes qui intègrent souvent d’autres activités rémunératrices, l’élevage reste économiquement et culturellement dominant. L’agro pastoralisme méditerranéen constitue un des grands ensembles de systèmes pastoraux.

 Pour les Causses et les Cévennes, le bien inscrit constitue un territoire complexe de 302 319 ha à proprement classé, entourés d’une zone tampon de 312 425 ha, sur deux régions (Midi-Pyrénées & Languedoc-Roussillon), quatre départements (Aveyron, Hérault, Gard, Lozère), 134 communes dans la zone classée, 97 communes dans la zone tampon, un parc national (Cévennes), un parc naturel régional (Grands Causses), un CPIE, deux « Grands Sites » (Gorges du Tarn & Cirque de Navacelles).

 Font partie du Bien inscrit, non seulement les paysages vivants et évolutifs des  causses et des gorges, des dômes granitiques du mont Lozère et de l’Aigoual, les crêtes et les vallées cévenoles, mais encore des objets patrimoniaux comme l’architecture vernaculaire (systèmes hydrauliques, terrasses, chemins de transhumance) et le patrimoine immatériel (savoir-faire pastoraux, traditions agricoles, croyances et pratiques religieuses).

 Le système de gestion du Bien inscrit est garanti par l’Etat français, signataire de la Convention, qui délègue cette tâche de gestionnaire à « l’Entente interdépartementale Aveyron, Gard, Hérault, Lozère ». L’Entente s’appuie sur trois instances, la Conférence territoriale (les décideurs) rassemblant les élus et financeurs impliqués sur le territoire, un Comité d’orientation (les conseilleurs) réunissant les représentants du monde socio-économique, et une mission technique (les exécutants), installée dans les anciens locaux du Palais de Justice à Florac, chargée du volet opérationnel des décisions prises. Un Comité scientifique complète le dispositif et nourrit de ses avis les différentes instances.

 Il appartient à cet ensemble gestionnaire du bien d’en assurer une bonne gouvernance, d’améliorer la connaissance de son patrimoine, de mettre en œuvre un plan de gestion cohérent susceptible de soutenir les activités agropastorales, de définir les limites de changements acceptables, de favoriser un développement économique compatible avec l’agropastoralisme, garantissant de ce fait le maintien des paysages ouverts, de conserver le patrimoine vernaculaire bâti, d’informer et d’éduquer le public sur les valeurs et les enjeux de gestion du Bien inscrit, et enfin d’ouvrir des actions de coopération en Méditerranée, avec les pays riverains connaissant les mêmes types de paysages culturels.

 

Débats de la commission

 Remi Noël invita ensuite l’assistance à faire part de ses commentaires, de ses réflexions, de ses questions, quant aux incidences à prévoir sur le territoire des Causses et des Cévennes, notamment en matière touristique, suite à cette inscription au patrimoine mondial de l’humanité.

 Jean-Marie Brousson, de Lasalle, s’inquiéta des risques d’une dégradation accrue des sites et paysages par un accroissement des fréquentations observées, et notamment des problèmes posés par les ramasseurs de champignons et de la commercialisation illégale de leur récolte.

 M. Cardinal, de l’association d’Ardèche-Païolive, évoqua le problème du gaz de schiste. Les communes concernées par cette inscription et en particulier celles qui adhèreront à la charte du Parc National des Cévennes seront-elles protégées ? Le poids de l’UNESCO peut-il aider au refus des autorisations de permis ?

 Il lui est répondu que pour les communes signant la Charte du Parc elles seront théoriquement protégées, car la Charte prévoit cette interdiction. Pour le volet Unesco, rien n’est précisé aujourd’hui, mais on peut penser que ce type d’inscription peut peser dans le refus des permis d’exploration.

 Pierre Valette, du Vigan, signala les dommages subis par le petit patrimoine vernaculaire (fontaines, fours, cabanes en pierre sèche, béals païssières, etc.) en partie détruit faute d’entretien, ou faisant l’objet de vol de pierres pour réutilisation ailleurs. Ce patrimoine sera-t-il aussi protégé dans le cadre de cette inscription, comme l’est par ailleurs le patrimoine archéologique ?

 Selon Rémi Noël, l’entretien de ce patrimoine incombe souvent aux communes qui peuvent assurer sa sauvegarde avec l’aide de la Fondation du Patrimoine ou du Parc national des Cévennes pour celles qui signeront la Charte. Pour le Gard, le Comité de l’eau peut aider aussi à la restauration des ouvrages traditionnels permettant de la gérer. Quant aux vols, ils seront découragés si leurs auteurs constatent que ce patrimoine n’est pas abandonné… Plus généralement, les associations de défense du patrimoine peuvent aussi adhérer et siéger au Comité d’orientation mis en place dans le cadre du dispositif Unesco, pour faire valoir leurs préoccupations.

 Le débat dans l’assistance souligna aussi le rôle ambigu des Chambres d’agriculture, en Lozère particulièrement, dont les techniciens depuis de nombreuses années préconisent des pratiques d’intensification de l’élevage, nuisant globalement à l’entretien des espaces ouverts, suite à la raréfaction des pratiques extensives du pâturage. La réinstallation de bergers menant des troupeaux sur les parcours serait une mesure prioritaire pour conserver ces paysages liés à l’agropastoralisme. Une politique adaptée soutenue par des aides votées par la Conférence territoriale, devra être mise en place à cet effet.

 Dans le domaine du tourisme, Claude Guary, insista sur la faiblesse des retombées économiques liées aux fréquentations de certaines populations étrangères, comme les Hollandais notamment qui vivent en vase clos ou dans des « mobil-homes », sans faire travailler le commerce ou l’artisanat local. Dans ce contexte, le développement des campingsquatre étoiles n’apporte pas grand-chose et ne doit pas être soutenue dans le cadre d’une politique de développement durable.

 Eric Bosc, ex-président du Comité de Randonnée du Gard, a insisté sur l’importance des randonnées à thèmes dans un dispositif de tourisme durable : par exemple, un randonneur dépense 50 € par jour sur le Sentier Stevenson, et contribue à nourrir l’économie locale. Il rappela les différents « chemins à thème » balisés, le Stevenson, la Régordane et le Saint Guilhem. Ces activités mises en œuvre par des bénévoles débouchent sur des créations d’emplois dans le développement durable.

 Sur le thème de l’histoire protestante, Christian Rebotier cite le chemin des premiers Camisards, mis en place par le Parc National des Cévennes. Rémi Noël signale l’existence d’un chemin des Huguenots liant la Drôme à Genève, dans le cadre d’un dispositif européen sur ce thème (http://www.surlespasdeshuguenots.eu/itineraire-chemin-des-protestants-huguenots-et-vaudois.htm). L’association Abraham Mazel travaille à l’extension de ce chemin depuis Le-Poet-Laval jusqu’aux Cévennes et Aigues-Mortes, et le Club cévenol pourrait utilement s’associer à ce projet et le soutenir, notamment grâce à Christian Rebotier qui connait bien ce dossier.

 Tourisme et développement durable

 Pour répondre à une intervention questionnant le concept du développement durable appliqué au tourisme, Rémi NOEL présenta un nouveau diaporama rappelant que pour les espaces protégés, il existe une Charte européenne du tourisme durable proposée par Europarc, la Fédération européenne des Parcs, à laquelle le Parc national des Cévennes a souscrit.

 Cette charte s’inscrit dans les priorités mondiales et européennes exprimées par les recommandations de l’Agenda 21, adoptées lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Elaborée par un groupeconstitué de représentants européensdes espaces protégés, elle suit les principes énoncés par la Charte mondiale du tourisme durable élaborée à Lanzarote en 1995. Cette Charte favorise l’application concrète du concept de développement durable, c’est à dire « un développement qui répond aux besoins des générations présentes, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Ce développement implique la préservation des ressources pour les générations futures, un développement économique viable, un développement social équitable.

 La Charte européenne du tourisme durable exprime la volonté des institutions gestionnaires des espaces protégés et des professionnels du tourisme de favoriser un tourisme en accord avec les principes du développement durable.

Elle engage les signataires à mettre en œuvre une stratégie locale en faveur d’un tourisme durable, défini comme étant « toute forme de développement, aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales, et contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent ou séjournent dans les espaces protégés ».

La mise en œuvre d’un tel tourisme nécessite une réflexion globale et une politique partenariale renforçant les interactions positives entre l’activité touristique et les autres secteurs du territoire.

 Ce tourisme durable a, enfin, pour ambition de répondre aux attentes des nouvelles clientèles européennes en redonnant du sens au voyage : celui de prendre le temps de découvrir et de rencontrer d’autres gens, d’autres lieux, de s’enrichir de cette rencontre en donnant un peu de soi.

 L’adhésion à la Charte doit aboutir à la définition d’une stratégie pluriannuelle de développement touristique durable et d’un programme d’actions contractuelles pour et par le territoire et les entreprises signataires. Des documents méthodologiques aident les signataires à appliquer concrètement les principes du développement durable.

 Adhérer à la Charte, c’est respecter l’approche stratégique du développement touristique durable. C’est réaliser un diagnostic, consulter et impliquer les partenaires, fixer des objectifs stratégiques, allouer les moyens nécessaires, réaliser un programme d’actions et évaluer les résultats.

 Pour l’espace protégé, cela se traduit par la réalisation d’un diagnostic des besoins du territoire (problèmes et opportunités) réalisé et accepté par les partenaires. Cette approche a pour but de définir l’orientation touristique la mieux appropriée pour l’ensemble  du territoire.

Pour l’entreprise touristique, le diagnostic porte sur son activité. C’est-à-dire, l’adéquation entre son offre et les attentes des visiteurs et les mesures à prendre pour la mise en valeur du patrimoine local. C’est aussi la prise en compte de l’environnement et du développement durable dans la gestion de l’entreprise.

 Pour l’organisateur de voyages, cette approche se traduit par l’analyse de la compatibilité de son offre avec les objectifs du territoire. Les flux qu’il induit ne doivent pas détruire les ressources patrimoniales, donc touristiques de la destination

 Les signataires de la Charte adhèrent à l’éthique du tourisme durable. Ils s’engagent à œuvrer pour une meilleure contribution du tourisme à la protection et la mise en valeur du patrimoine.Ils s’engagent à adopter une éthique commerciale (respect du client et établissement d’une politique de juste prix). L’éthique sera également présente au niveau de leur politique d’accueil, en favorisant l’accès des espaces protégés à tous les publics, en particulier, aux scolaires, aux jeunes, aux personnes âgées ou handicapées.

L’opérateur touristique désirant avoir le label « Charte européenne du tourisme durable » s’engage à travailler en partenariat avec l’organisme qui anime la stratégie de l’espace protégé et les prestataires touristiques locaux. Pour les Cévennes, le Parc national a délégué cette tâche à l’association « Cévennes Ecotourisme ».

 La commission d’action prend acte de ce dispositif qu’elle juge particulièrement intéressant quant aux valeurs que le Club cévenol entend défendre pour le tourisme dans nos régions. Elle estime que l’ensemble des prestataires touristiques concernés par l’inscription au Patrimoine mondial des Causse et des Cevennes auraient intérêt à s’inspirer de ces principes, et que l’association « Cévennes Ecotourisme » pourrait avoir sa place dans les instances de l’AVECC qui gère le Comité d’orientation du territoire concerné par l’inscription au patrimoine mondial.

 Enfin, en matière de développement durable, la commission d’action souligne que le tourisme a un impact direct sur la consommation des produits locaux, et qu’à ce titre, cette synergie « tourisme de patrimoine / agriculture locale / circuits courts de commercialisation » doit être soulignée  en tant que cercle vertueux.

 EXAMEN DES VŒUX DES SECTIONS

 Vœu sur la création d’un centre d’interprétation du pastoralisme à Barre des Cévennes

 La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

          l’inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité du territoire Causses et Cévennes par l’Unesco,

          l’importance de l’agropastoralisme pour maintenir les paysages du Parc national des Cévennes et la biodiversité qui leur est liée,

          les itinéraires traditionnels de la transhumance et la position stratégique de la commune de Barre des Cévennes, encore de nos jours traversée dans ce cadre par plusieurs troupeaux,

          le patrimoine architectural et historique présent sur le site et ses environs,

émet le vœu :

          de voir pris en compte et soutenu par toutes les autorités publiques délibérantes, le projet de ladite commune visant à implanter un centre d’information et d’interprétation sur les paysages liés à l’agropastoralisme,

           de voir utilisé à cet effet et de préférence, le remarquable bâtiment de l’ancienne école, idéalement situé dans la rue principale et disposant des surfaces nécessaires pour un tel projet

constate :

          que les perspectives de partenariat avec l’Ecole d’Ingénieurs « SUPAGRO » à Florac, susceptible d’utiliser régulièrement cet équipement pour ses activités pédagogiques, ne peut que constituer un élément garantissant l’intérêt majeur d’un tel équipement.

 Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

 

Vœu sur le respect du petit patrimoine routier.

 

La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

          les observations faites par la section Villefort/Vialas du Club cévenol quant au saccage du petit patrimoine routier (destruction de murets en pierre et du pont traditionnel) effectué lors des travaux d’élargissement du CD 998 au Bourjac, près de Vialas ;

          les précautions prises par le Parc national des Cévennes pour conserver ce type de patrimoine en zone cœur du Parc ;

          la multiplication de ce type de saccage sur les réseaux routiers des Causses et des Cévennes ;

          la note d’authenticité qu’apporte ce type de patrimoine sur la qualité des paysages ;

émet le vœu de voir :

          toutes les collectivités locales concernées par ce type de travaux (Communes, Conseils généraux, Régions), prendre en compte cet aspect patrimonial dans les projets de rénovation des réseaux routiers dont elles ont la charge ;

          le Parc national des Cévennes s’assurer, dans le cadre de la Charte, des dispositions pratiques qui garantiront à la zone d’adhésion, le même le soin qu’il apporte en zone cœur à la préservation de ce patrimoine identitaire du réseau routier cévenol.

 Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

  Vœu pour la route « Paul Arnal » de Cabrillac au mont Aigoual

 

La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

          le vœu de la section de Saint Jean du Gard visant à matérialiser par une signalisation appropriée, la mémoire collective du rôle de Paul Arnal dans la création de la route allant l’accès nord du mont Aigoual, de Cabrillac à l’Observatoire ;

          le soutien apporté à ce projet par sa petite fille Catherine Arnal-Poudevigne ;

          le vœu historique  sur cette création, voté en assemblée générale du Club cévenol à Florac le 17 août 1924 sur l’initiative de Paul Arnal, son secrétaire général ;

          l’anniversaire en 2013 des 80 ans de cette route inaugurée en sa totalité en 1933 ;

          de l’existence de cette dénomination dès 1933, tel que l’atteste le N° 3 de la revue du Club cévenol « Causses et Cévennes » de la mention «… la route nouvellement ouverte de Cabrillac au sommet, fort commodément dénommée route Paul Arnal…. » ;

émet le vœu de voir :

          le Conseil d’administration du Club, prendre toute mesure utile pour rappeler tant à Cabrillac qu’au sommet de l’Aigoual cette dénomination, en cofinançant toute initiative propice à cet objet (plaque commémorative en bronze, panneau de signalisation routière, tables d’interprétation) ;

          les institutions concernées par ce projet, soutenir techniquement et financièrement cette réalisation (Commune de Gatuzières, Conseils généraux du Gard et de la Lozère, Parc national des Cévennes ) ;

          inaugurer ces dispositifs sur cette route lors de la tenue du prochain congrès du Club cévenol le 31 août 2013, à l’Observatoire de l’Aigoual.

 Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

  Vœu pour le prolongement du « Chemin des Huguenots » de la Drôme aux Cévennes

 La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

          l’existence d’un chemin des Huguenots reliant la Drôme à Genève, dans le cadre d’un dispositif européen et sur le thème de l’exil ;

          l’implication de l’association Abraham Mazel à St Jean du Gard, travaillant à l’extension de ce chemin depuis la Drôme jusqu’aux Cévennes, via Pranles en Ardèche, commune natale de Marie Durand ;

          l’intérêt de développer un itinéraire de ce type en liaison avec celui réalisé récemment par le Parc national des Cévennes sur le thème des premiers Camisards ;

émet le vœu :

          d’entrer en contact officiellement avec le porteur officiel du projet à savoir l’association « Sur les pas des Huguenots », chargée de représenter le projet au niveau national et international et de rassembler les partenaires publics et privés des départements traversés (Contact :Association «Sur les pas des Huguenots», www.surlespasdeshuguenots.eu ,  info@surlespasdeshuguenots.eu  Responsable : Johannes Melsen, Tél. 0475 533 759)

          d’étendre l’itinéraire de ce sentier depuis la Drôme jusqu’à Aigues-Mortes ;

          de voir le Club cévenol s’associer à ce projet et le soutenir, en liaison notamment avec sa section de St Jean du Gard, voisine de l’association Abraham Mazel.

 Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

 Vœu sur la présence du loup

 La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

 –          le communiqué des membres du Conseil d’administration du Parc national des Cévennes publié dans le magazine « De serres en valats » déclarant « aujourd’hui incompatible l’installation permanente du loup sur le territoire du Parc avec les activités  agropastorales indispensables à la biodiversité exceptionnelle des milieux ouverts » ;

          la contradiction de cette déclaration avec la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe signée par la France le 19.IX.1979, spécifiant notamment le loup comme espèce animale protégée ;

          la nécessité de préserver l’équilibre économique souvent fragile des exploitations agricoles des Causses et des Cévennes ;

          la nécessité de réguler aussi par la présence de grands prédateurs la prolifération des sangliers et des cervidés dont les dégâts sur les cultures ou sur la forêt sont problématiques dans certains endroits ;

 émet le vœu :

          de voir le loup bénéficier dans le Parc national de la même protection dont il bénéficie ailleurs sur le territoire national,

          de voir les agriculteurs dont la présence de cet animal menacerait effectivement la pérennité de leur exploitation, bénéficier rapidement des mesures nécessaires à la bonne gestion économique de leur élevage

 Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

 Vœu sur la desserte ferroviaire des Cévennes

 La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

          le volet stratégique de la ligne ferroviaire reliant Clermont-Ferrand à Marseille dans le cadre de l’aménagement du territoire (développement du fret dans le cadre du Grenelle de l’environnement, ligne de secours en cas d’accident nucléaire ou en cas de problème majeur dans la vallée du Rhône, etc.) ;

          l’importance de cette ligne pour la desserte touristique et plus généralement, pour la vie économique des Cévennes ;

          le vœu déposé au nom de la section de Lasalle mont Liron par Jean-Marie Brousson soulignant tous les aspects de ce dossier ;

 émet le vœu de voir :

          poursuivre les travaux nécessaires à sa régénération et à la modernisation de ses infrastructures ferroviaires dans le cadre des futurs « Plans rails » ;

          maintenir la totalité du parcours historique du train « Le Cévenol » entre Clermont-Ferrand et Marseille via Nîmes ;

          garantir que ce train demeure dans le futur un « train d’équilibre du territoire », avec toutes les améliorations nécessaires en matière de matériel roulant, d’horaires et de correspondances adaptées à la demande.

Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

 

Vœu sur l’historique des vœux présentés par la section d’Anduze

 

La commission d’action du Club cévenol, réunie à Labeaume (Ardèche), en sa séance du 18 novembre 2012, considérant,

 –          le courrier de Mme Annie Thérond du 9.XI.2012 de la section d’Anduze, récapitulant l’historique des vœux de la section du Club cévenol d’Anduze, plus ou moins suivis d’effets,

 émet le vœu :

          de voir le Président de ladite section mettre à l’ordre du jour lors d’une prochaine réunion de sa section, l’examen de ce courrier pour actualiser les vœux qu’elle souhaite soumettre en les argumentant, à l’attention de la commission d’action de printemps.

Vœu voté à l’unanimité des sections représentées

 

L’ordre du jour étant épuisé, Rémi NOEL clôt les travaux de la commission d’action en remerciant chaleureusement l’association Ardèche – Païolive pour la qualité de son accueil et des conditions techniques ayant facilité le déroulement de ses travaux..

 

APRES-MIDI DECOUVERTE : Labeaume et ses jardins suspendus

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Après le repas, les participants ont pu visiter le pittoresque village de Labeaume, dominé par son château situé sur une falaise, empruntant les rues caladées ou les escaliers pentus et admirant la vue sur les gorges de La Baume, sous la conduite experte de MM Guary et Rigolot.

 Ils allèrent ensuite au Récatadou, « étymologiquement, « le lieu bien rangé », où Michel Rouvière, membre du  Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Architecture Vernaculaire (C.E.R.A.V.), spécialiste ardéchois d’architecture vernaculaire et  des aménagements de terrasses ardéchoises et cévenoles,  leur fit visiter et découvrir les jardins suspendus,  au-dessus de la falaise, dominant les gorges de La Baume.

 Selon Michel Rouvière, les jardins suspendus sont des terrasses aménagées dans les parties verticales d’un promontoire calcaire dominant, en rive gauche, la rivière Baume. Ces aménagements, à l’abandon depuis un demi-siècle, dépendaient d’une ferme du même nom. Les jardins sont aménagés sur la falaise aux limites extrêmes du vide. Ils se profilent et sont intégrés au relief rocheux ruiniforme caractéristique.

 A proximité du mas, le champ proche a fait l’objet de travaux de dérochement de manière à créer une surface cultivable relativement plane. La roche extraite a servi à construire le mas et des murs bordant les parcelles et le chemin. Sur la dalle rocheuse affleurante on peut voir deux bassins ou « gourgues », taillés directement dans la roche, ainsi que des traces de caniveaux, les « gandoles », ces aménagements à fonction hydraulique confirment la présence d’un premier jardin proche du mas.

 Toujours selon le spécialiste en  architecture vernaculaire, c’est à partir de ce champ proche du mas d’où son nom « champmas ou camas » que partent les différents accès permettant d’atteindre les terrasses aménagées dans les parties verticales de la falaise. On distingue plusieurs types d’accès ; des escaliers, des rampes, des passages couverts incorporés dans les rochers.

 Les terrasses sont adaptées en fonction des vides existant entre les reliefs verticaux de la falaise. Ces vides, en parties inférieures, sont fermés par des murs de soutènement qui partent du plus bas et remontent pour être arasés au niveau plan de la terrasse. Ces murs sont solidement construits et appareillés, parfois avec des blocs très importants, en particulier au sommet. D’autres murs reposent sur la dalle réservée aux limites du vide, ils sont constitués de gros blocs posés, à sec, verticalement formant garde-corps.

 Rappelons que Michel Rouvière est l’auteur de nombreuses publications et notamment du texte, des croquis et des photographies sur « La restauration des murs de soutènement de terrasses » dans les cahiers pratiques du Parc national des Cévennes, un ouvrage incontournable.


Pierre VALETTE                                                                   Rémi NOEL

 

Secrétaire de la commission d’action                                  Président de la commission d’action

 

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